En janvier 1974, Le Caire accueillait un symposium international organisé par l'UNESCO qui allait marquer un tournant décisif dans l'étude de l'Égypte pharaonique. Cet événement réunissait pour la première fois les plus éminents égyptologues de la planète autour d'une question centrale : les anciens Égyptiens appartenaient-ils réellement à une civilisation blanche, comme l'affirmaient depuis plus d'un siècle les milieux académiques occidentaux ?
Deux intellectuels africains noirs, Cheikh Anta Diop du Sénégal et Théophile Obenga du Congo, se sont dressés face à ce consensus établi. Pendant une semaine, du 28 janvier au 3 février, ils ont présenté des arguments scientifiques rigoureusement documentés contestant les théories racialistes dominantes. Cheikh Anta Diop dénonçait notamment les affirmations sans fondement prétendant la blancheur des Égyptiens, tandis que les égyptologues occidentaux persistaient à parler de « Blancs à peau noire » pour contourner les contradictions évidentes.
Ce colloque, initié à la demande de Cheikh Anta Diop lui-même — qui avait posé trois conditions avant d'accepter de rédiger le volume II de l'Histoire générale de l'Afrique — devint bien plus qu'une simple rencontre académique. Pour les intellectuels panafricains et les historiens du continent, il représentait une victoire symbolique majeure : la reconnaissance officielle que l'Égypte ancienne était une civilisation africaine nègre, non une création blanche ou étrangère au continent noir.
Ce qu’il faut retenir
- UNESCO organise au Caire un colloque international réunissant 20 égyptologues et spécialistes de 14 pays pour débattre des origines de l'Égypte ancienne.
- Cheikh Anta Diop et Théophile Obenga défient le consensus occidental affirmant l'origine aryenne ou méditerranéenne des anciens Égyptiens.
- Les académiciens occidentaux défendaient une Égypte « blanche » ou « hamite », contredisant les images iconographiques de la période pharaonique.
Source : BBC Afrique