Guinée-Bissau : la junte valide sa nouvelle Constitution malgré les contestations

Bissau a tranché. Le 1er septembre, la Commission électorale nationale de Guinée-Bissau a proclamé que 70 % des votants ont approuvé une refonte constitutionnelle majeure, tandis que le taux de participation frôlait 60 %. Un résultat que les autorités militaires au pouvoir présentent comme un mandat pour restaurer la stabilité politique, mais que l'opposition et les défenseurs des droits humains dénoncent comme une manœuvre pour concentrer le pouvoir à la présidence.

Le scrutin intervient dans un contexte tendu : l'armée a pris les rênes en novembre 2025 suite à une élection présidentielle disputée. Les généraux justifient leur intervention par la volonté de prévenir un supposé complot de déstabilisation. Or, le principal parti d'opposition, le PAIGC, a appelé au boycott, estimant que les changements constitutionnels transformeraient le chef de l'État en « despote ».

Le président de l'assemblée législative de transition, Fore Caramba Sanha, a promis mercredi que si les chiffres définitifs confirmaient le « oui », la Guinée-Bissau entre­rait dans une phase de normalisation. Institutions solides, État de droit, prévisibilité : autant de piliers que la junte défend comme essentiels au pays.

Or, le nouveau texte renforce sensiblement les prérogatives présidentielles aux dépens du Premier ministre, réduit le Parlement de 102 à 65 sièges et remodèle le découpage électoral. Ces réformes surviennent à trois mois des élections prévues en décembre, censées ramener le régime civil. Pour la région CEMAC, ce précédent soulève des questions sur les velléités autoritaires et le respect des normes communautaires d'alternance démocratique.

Ce qu’il faut retenir

  • La nouvelle Constitution renforce massivement le pouvoir présidentiel au détriment du Premier ministre, modifiant l'équilibre des pouvoirs.
  • L'opposition dénonce un référendum sans légitimité, marqué par un boycott massif et une participation réelle bien inférieure aux annonces officielles.
  • Élections civiles prévues décembre 2025 ; la junte s'engage à restituer le pouvoir mais les craintes de glissement autoritaire persistent.
  • La CEDEAO exhortée à intervenir car la réforme constitutionnelle intervient en violation de ses propres règles avant scrutin.

Source : BBC Afrique

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