Au Cameroun, la débrouille, autrefois nécessité, est devenue le mode de fonctionnement par défaut des centres urbains. Cette organisation informelle, qui touche des millions de personnes, engendre un désordre généralisé aux lourdes conséquences économiques, sanitaires et environnementales. La question de sa gestion se pose avec acuité pour l'avenir des métropoles de la sous-région.
Ce phénomène, bien ancré dans le paysage camerounais, voit une part croissante de l'économie et de l'occupation de l'espace public échapper à toute planification. Les trottoirs se transforment en marchés improvisés, les constructions anarchiques remplacent les espaces verts et la circulation des deux-roues exacerbe la congestion. Les autorités peinent à maintenir l'ordre, les opérations de déguerpissement se heurtant à un retour rapide du désordre faute de solutions alternatives.
Les répercussions sont multiples : dégradation du cadre de vie, augmentation des accidents, risques sanitaires accrus par la gestion aléatoire des déchets et de la restauration, et une pression foncière insoutenable sur les zones écologiques. Ce modèle informel, bien que source de survie pour beaucoup, prive les États de recettes fiscales substantielles et crée une concurrence déloyale pour les acteurs économiques formels. Le défi est désormais de trouver un équilibre entre la nécessité de réguler et le soutien à ces activités informelles.
Ce qu’il faut retenir
- Le "système D" est le mode de fonctionnement par défaut des villes camerounaises, entraînant désordre et insécurité.
- Les conséquences incluent congestion, accidents, problèmes sanitaires et destruction des espaces verts.
- L'informalité prive l'État de recettes fiscales et nuit à la concurrence.
- Une gestion durable nécessite des alternatives avant la sanction et la formalisation facilitée.
Source : News du Cameroun