Crise humanitaire au Lac : l’enregistrement des déplacés reste massif retard

Une mission conjointe diligentée le 6 août 2026 révèle un fossé inquiétant dans la gestion de la crise au Lac tchadien. Alors que près de 70 000 personnes ont dû quitter leurs villages, seules 5 000 ont été inscrites dans les registres officiels. Cette disparité, observée lors d'une visite à Bol, Baga-Sola et Liwa pilotée par le Délégué général du Gouvernement, le Général Saleh Haggar Tidjani, aux côtés d'une équipe du Programme alimentaire mondial menée par Bintou Diallo, compromet gravement l'efficacité de l'aide.

Les besoins identifiés sur le terrain dépassent de loin les capacités d'intervention actuelles. Au-delà de la nourriture, les réfugiés manquent d'abris dignes et d'équipements basiques. Distribués sur 17 sites distincts, les centres d'enregistrement avancent à un rythme qui ne correspond pas à l'urgence. Pour le Dr Koulmini Sam, président du Comité provincial d'action, cette carence en données fiables paralyse toute stratégie pertinente de secours.

Le Général Tidjani plaide pour une approche allant au-delà des seuls secours immédiats. Il juge indispensable de mobiliser agriculteurs, pêcheurs et éleveurs locaux, afin de consolider les capacités productives des zones sinistrées. Parallèlement, les autorités pointent l'importance souvent négligée des villages hôtes et des déplacés antérieurs, tout comme la nécessité de sécuriser les cantines des écoles pour protéger l'enfance vulnérable.

Cette année, les précipitations faibles amplifient les craintes d'une famine. Le PAM maintient son engagement malgré le recul des ressources, en concentrant ses efforts sur les ménages en extrême précarité et sur des projets de stabilisation économique progressive.

Ce qu’il faut retenir

  • Écart dramatique : 70 000 réfugiés pour seulement 5 000 enregistrements officiels à travers 17 sites.
  • Besoins multiples détectés : vivres, logements, articles domestiques et sécurité scolaire pour enfants.
  • Stratégie long terme privilégiée : relancer agriculture, pêche et élevage pour autonomiser les populations.
  • Déficit pluviométrique accroît le risque d'aggravation de la malnutrition dans les prochains mois.

Source : Tchad Infos

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