Une semaine après l'arrivée en masse de migrants depuis le Maroc, l'enclave espagnole de Ceuta traverse une crise humanitaire sans précédent. Plus de mille mineurs isolés errent sans abri sécurisé dans les rues, sur les plages et en zones boisées, tandis que la capacité d'accueil locale se limite à 90 places.
Les risques s'accumulent chaque jour : violences, exploitation sexuelle, traite des enfants. Des petits de dix ans à peine dorment à même le sol, privés d'eau courante et de nourriture régulière. Jose Miguel Morales, de l'association Sur Acoge, dénonce une situation « où chaque heure sans solution sûre rapproche ces enfants, notamment les filles, des pires formes de maltraitance ».
Les autorités tentent de mobiliser des écoles et entrepôts pour créer des structures d'urgence. L'ONG Luna Blanca distribue entre 3 500 et 4 000 repas quotidiens, épaulée par des bénévoles locaux. Parallèlement, le bilan humain du voyage s'alourdit : 80 décès confirmés lors des traversées, dont seulement quatre identifiés.
L'Espagne a débloqué 25 millions d'euros pour améliorer l'accueil, mais plusieurs régions refusent de répartir ces mineurs sur leur territoire. Le Maroc accepte de collaborer aux identifications et aux retours, bien que des obstacles administratifs ralentissent le processus.
Ce qu’il faut retenir
- Plus de 1 000 mineurs isolés demeurent sans hébergement sécurisé dans l'enclave surpeuplée.
- 80 personnes ont péri en tentant de rejoindre Ceuta ; violences et traite menacent directement les enfants.
- Aide alimentaire et médicale reposent sur le secteur associatif ; déblocage gouvernemental de 25 millions d'euros insuffisant.
- Frictions entre régions espagnoles sur la répartition des mineurs et coopération maroco-européenne freinée par obstacles légaux.
Source : Africanews