La République centrafricaine traverse une période critique où la recrudescence de l'insécurité dans sa partie orientale jette une ombre sur l'avenir politique du pays. Ce regain de violences, analysé par le juriste Bernard Selemby Doudou, soulève des questions quant à la viabilité des projets gouvernementaux, notamment celui d'un potentiel troisième mandat présidentiel.
L'expert pointe du doigt une gouvernance qui, après avoir semblé prometteuse lors de la transition en 2016, se serait détournée de la voie du développement. Au lieu de consolider la paix et de mobiliser les partenaires internationaux, le pouvoir aurait privilégié des alliances controversées et des initiatives économiques douteuses, telles que la cryptomonnaie et la tokenisation, souvent vouées à l'échec. L'imposition d'une nouvelle constitution et une politique étrangère jugée incohérente, impliquant une ingérence dans les affaires sécuritaires régionales, sont également critiquées.
Ces facteurs, selon l'analyse, expliqueraient le retour des troubles armés et des tensions transfrontalières. L'instabilité menace directement l'autorité de l'État, déjà fragile, et aggrave la crise humanitaire avec son lot de déplacés et de réfugiés. Le risque d'un embrasement dans la zone des trois frontières (Centrafrique, Tchad, Soudan) est réel, rendant obsolètes les alertes antérieures.
La situation actuelle amène les citoyens à s'interroger sur la solidité du mandat en cours et la faisabilité des projets politiques ambitieux dans ce contexte de crise profonde. La solution préconisée reste un dialogue politique inclusif, mais son manque d'application conduit à envisager une refonte politique avec de nouveaux acteurs et une nouvelle vision pour le pays.
Ce qu’il faut retenir
- L'insécurité croissante à l'est du pays pourrait compromettre la stabilité du mandat présidentiel en cours.
- Une gouvernance critiquée pour avoir dévié d'un élan de développement vers des alliances douteuses.
- Les tensions frontalières et la crise humanitaire s'aggravent, menaçant la stabilité régionale.
- Un appel à un dialogue politique inclusif et à une refonte de la classe politique centrafricaine.
Source : Corbeau News Centrafrique