La MAGZI, agence publique en charge des zones industrielles au Cameroun, ambitionne de tripler son offre foncière dans les dix prochaines années. Lors d'un atelier avec l'ONUDI, elle a dévoilé un vaste programme d'expansion portant sur plus de 9 000 hectares de nouveaux sites destinés à accélérer l'industrialisation et la transformation locale des matières premières.
Actuellement, le portefeuille de MAGZI couvre 1 293 hectares aménagés répartis sur onze zones à travers le pays. Cet espace accueille 405 entreprises générant plus de 20 000 emplois et contribuant pour 0,4 point à la croissance du PIB camerounais. Selon les données de 2023, la production industrielle atteint 4 622 milliards FCFA, démontrant le poids économique de ces pôles.
Le projet prévoit une répartition stratégique des nouveaux sites : Kribi dominerait avec 5 000 hectares, suivi de Limbé (1 000 hectares), tandis que d'autres villes comme Minim-Martap, Maroua, Dibombari et Edéa bénéficieraient de zones plus modestes. Cette cartographie vise à délester les métropoles saturées de Douala et Yaoundé, tout en positionnant le Cameroun pour tirer profit de la Zone de libre-échange continentale africaine.
Cependant, le financement demeure l'enjeu majeur. En 50 ans, seuls 20 milliards FCFA ont été mobilisés. La MAGZI réclame la création d'un fonds national dédié, alimenté par le budget public, les partenaires multilatéraux et l'ouverture du capital, afin de concrétiser cette ambition.
Ce qu’il faut retenir
- Plus de 9 000 hectares supplémentaires envisagés avant 2035, multipliant par 7 l'offre foncière actuelle de la MAGZI.
- Kribi et Limbé positionnés comme futurs mégapôles industriels, captant 60% de la nouvelle enveloppe foncière.
- Le financement reste critique : seuls 20 milliards FCFA mobilisés en cinq décennies, exigeant la création d'un fonds national.
- Intégration de Minim-Martap liée au projet minier de bauxite porté par Canyon Resources, structurant un écosystème industriel régional.
Source : Investir au Cameroun