Au Gabon, des personnes âgées vivent des situations dramatiques : rejet familial, maltraitance physique, accusations infondées de pratiques occultes, dépossession de biens. Le Centre de gérontologie-gériatrie de Mélène, à l'occasion de la Journée mondiale contre la maltraitance des seniors (15 juin), a ouvert ses portes pour alerter sur ces réalités souvent cachées et présenter son travail d'accueil des aînés en détresse.
De nombreux pensionnaires du centre ont échappé à des destins tragiques. Judicaël Mombo Mombo, directeur de l'établissement, rapporte le cas d'une résidente victime de violences répétées de ses petits-enfants, qui l'ont également dépouillée de son domicile. D'autres ont fui des accusations de sorcellerie ou ont été placées au centre pendant que leurs proches continuaient d'encaisser leurs pensions de retraite.
Henriette Tsona Nguimbi, centenaire (105 ans), incarne ces trajectoires d'abandon : isolée chez elle pendant longtemps, elle a finalement trouvé refuge et dignité au sein de la structure. Madeleine Makessi, elle, maintient contact avec sa famille, bien que les visites restent espacées en raison des contraintes professionnelles. Le centre insiste sur un message fondamental : avancer en âge ne justifie jamais l'exclusion, la violence ou l'indifférence. Cette sensibilisation répond à une initiative des Nations unies, qui cherche chaque année à promouvoir protection et respect pour les seniors du monde entier.
Ce qu’il faut retenir
- Maltraitance pluriforme au Gabon : violences physiques, dépossession de biens, accusations de sorcellerie, abandon familial et isolement social
- Le centre de gérontologie de Mélène accueille des pensionnaires rescapés de situations d'abus et de négligence grave
- Besoin de mobilisation collective pour garantir dignité, sécurité et bien-être aux personnes âgées gabonaises
Source : Gabon Actu