La riposte contre l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo fait face à une situation qui s'aggrave. Le bilan grimpe à 782 personnes contaminées et 178 décès confirmés au moment où le virus gagne du terrain vers des zones jusqu'ici épargées.
Durant la seule journée de samedi, 72 nouveaux cas et 29 décès supplémentaires ont été enregistrés dans les provinces orientales d'Ituri et du Nord-Kivu. Plus préoccupant encore, deux zones de santé inédites—Nia-Nia et Mabalako—viennent de signaler leurs premiers foyers, portant à 31 le nombre total de secteurs sanitaires touchés sur trois provinces (Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu).
Cette épidémie, déclenchée par le virus Ebola de souche Bundibugyo depuis le 15 mai, révèle des failles importantes dans le dispositif de contrôle. Sur les 6.275 contacts listés à surveiller, moins de 3.550 ont effectivement été identifiés et examinés—un taux de suivi de seulement 56,5% alors que les experts réclament au minimum 95%. Par ailleurs, 359 malades restent hospitalisés ou isolés, tandis que 40 ont heureusement recouvré la santé.
Les autorités sanitaires reconnaissent que des obstacles majeurs ralentissent la parade : refus des autopsies, saturations dans les centres d'accueil, ressources en équipements de protection insuffisantes au Nord-Kivu, et un trou budgétaire de 21,5 millions de dollars entrave la mobilisation complète des efforts.
Ce qu’il faut retenir
- Le virus Ebola a franchi les 780 cas avec un taux de létalité inquiétant de 178 morts signalés samedi.
- Deux foyers inédits confirmés dans Nia-Nia et Mabalako étendent la contamination à 31 zones sanitaires réparties sur trois provinces.
- Le suivi des contacts limité à 56,5% au lieu de 95% cible et le manque de 21,5 millions de dollars ralentissent la réaction.
- Souche Bundibugyo déclarée le 15 mai continue sa progression malgré les défis logistiques et financiers de la riposte.
Source : Tchad Infos