Les méandres du pouvoir camerounais révèlent une confrontation interne aux contours de plus en plus nets. À Yaoundé, une bataille rangée oppose le fils du président à un clan gravitant autour de la première dame, avec pour enjeu central le contrôle de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE).
Depuis février 2026, Franck Biya n'hésite plus à exprimer ouvertement son malaise face à Jean-Pierre Robins Ghoumo, directeur de la DGRE. Une note confidentielle, signée du fils du chef de l'État, demande purement et simplement son remplacement par Joël Émile Bamkoui, ancien responsable de la Sécurité militaire. Le griefs sont multiples : incapacité supposée à boucher les fuites médiatiques affectant l'image de Franck, et surtout, le sentiment qu'une main invisible—celle de Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, et de Chantal Biya—filtre les informations sensibles destinées au chef de l'État.
La question qui sous-tend cet affrontement est élémentaire : qui maîtrise l'information gouvernementale maîtrise le narratif que Paul Biya se construit sur la réalité. Or, la récente réinstauration du poste de vice-président ravive les enjeux de succession, plaçant Franck Biya dans une position fragile face aux ambitions du clan adverse. Le président, fidèle à son style, observe le duel sans intervenir.
Ce qu’il faut retenir
- Franck Biya exige le remplacement du directeur de la DGRE, suspect de partialité envers Chantal Biya et Ngoh Ngoh.
- Les fuites compromettant l'image du fils du président renforcent la tension autour du contrôle des renseignements.
- Paul Biya maintient l'équilibre des forces internes sans prendre parti, recourant même aux services américains.
- La succession et le poste de vice-président transforment la DGRE en enjeu stratégique majeur.
Source : Camer.be