La situation épidémiologique s'aggrave en République démocratique du Congo. Le chef de l'Organisation mondiale de la santé a confirmé dimanche que le bilan des cas suspects de fièvre hémorragique Ebola dépasse désormais les 900, avec 101 infections officiellement confirmées dans la province d'Ituri, foyer actuel de la crise sanitaire.
Cette région centrale congolaise concentre une population vulnérable : près de cinq millions d'habitants vivent sous le poids conjugué d'une épidémie galopante et d'un conflit armé persistant. Un quart de ces personnes dépendent de l'assistance humanitaire, tandis qu'une proportion similaire a été forcée à l'exode interne.
Le contexte sécuritaire aggrave considérablement les opérations de santé publique. Les violences contraignent fuyards et travailleurs sanitaires à quitter les zones affectées, paralysant la traçabilité des contacts et l'intervention précoce. Cette insécurité nourrit également une défiance croissante au sein des populations, rendant plus difficiles les campagnes de sensibilisation et le signalement des cas.
L'OMS maintient une présence opérationnelle dans les secteurs les plus hostiles d'Ituri, en partenariat avec des organisations humanitaires. Ses responsables insistent sur la nécessité d'une offre sanitaire globale — au-delà de la seule riposte antiébola — pour restaurer la confiance communautaire indispensable à toute stratégie de contrôle.
Le 16 mai, l'OMS avait déclaré cette crise comme urgence sanitaire mondiale. Depuis le 22 mai, le risque au niveau national est qualifié de « très élevé ».
Ce qu’il faut retenir
- Plus de 900 cas suspects d'Ebola détectés en RDC, dont 101 confirmés en province d'Ituri
- Insécurité entrave la recherche des contacts et la confiance des populations envers les autorités sanitaires
- Cinq millions d'habitants confrontés simultanément à l'épidémie et au conflit armé persistant
- OMS déclare l'urgence mondiale ; risque national élevé à « très élevé » depuis mai
Source : Journal du Cameroun