Paul Biya trainé devant la justice: la fin s’annonce mouvementée

Dans une requête aux fins de respect de la Constitution déposée le 15 avril 2026, l’Organisation du Mouvement Patriotique (OMP) demande au Tribunal de grande instance du Mfoundi d’interdire à Paul Biya de nommer un vice-président. Le parti dénonce une révision qui permettrait de « présider à la destinée du Cameroun sans se soumettre au verdict des urnes ».

L’information : Alors que la loi instituant le poste de vice-président de la République vient d’être promulguée, une nouvelle offensive judiciaire vise à en bloquer l’application. L’Organisation du Mouvement Patriotique (OMP), par la voix de son président national Léon Theiller Onana, a déposé une requête le 15 avril 2026 devant le Tribunal de grande instance du Mfoundi. Le document dont Camerounweb.com a pu consulter l’intégralité demande au juge d’enjoindre Paul Biya à « s’abstenir de nommer un tiers au poste de Vice-Président ».

Les arguments juridiques : La requête, signée par Maître Gueyo Kamga Guy Léonard, avocat au barreau du Cameroun, est juridiquement structurée. Elle s’appuie sur l’article 18 alinéa 1 (c) de la loi n°2006/015 du 29 Décembre 2006 portant organisation judiciaire, qui donne compétence au TGI pour « toute requête tendant à obtenir l’interdiction d’une personne ou autorité d’accomplir un acte pour lequel elle est légalement incompétente ».

Le cœur de l’argumentation repose sur le principe constitutionnel fondamental : au Cameroun, le Président de la République est « élu au suffrage universel direct, égal et secret » (article 6 de la Constitution). Or, selon l’OMP, la nouvelle révision constitutionnelle permettrait à un vice-président nommé – et non élu – de « prêter serment devant le peuple camerounais sans être élu par celui-ci » et d’« exercer les fonctions de Président de la République pour le restant du mandat du Président « élu » sortant ».

« Un hold-up constitutionnel » : La requête qualifie la révision de « hold-up constitutionnel ». Ses auteurs estiment que si Paul Biya venait à nommer un vice-président, il « acterait définitivement que l’on puisse présider à la destinée du Cameroun sans se soumettre au verdict des urnes », en violation non seulement de la Constitution camerounaise mais aussi des instruments internationaux ratifiés par le Cameroun, notamment la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG) et l’Acte constitutif de l’Union africaine.

Les demandes précises : L’OMP demande au tribunal d’ordonner à Paul Biya de :

S’abstenir de nommer un tiers au poste de Vice-Président de la République

S’abstenir de poser tout acte tendant à empêcher le Président du Sénat d’assurer l’intérim de la fonction présidentielle en cas de vacance, ainsi que l’organisation d’élections crédibles et transparentes

La portée de l’acte : Cette requête s’inscrit dans une stratégie plus large de l’opposition pour contester par la voie judiciaire une réforme que beaucoup considèrent comme une « succession programmée ». Elle intervient au moment où les noms circulent pour occuper le poste de vice-président, celui de Franck Biya, fils du président, revenant avec insistance.

Réactions : La présidence de la République n’a pas encore réagi à cette requête. Le TGI du Mfoundi devra désormais se prononcer sur sa recevabilité. Une audience publique pourrait être fixée dans les prochaines semaines.

Auteur : camerounweb.com : Source : https://www.camerounweb.com/CameroonHomePage/NewsArchive/Paul-Biya-train-devant-la-justice-la-fin-s-annonce-mouvement-e-793299

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