Le Cameroun accélère son ambition de réduire sa dépendance aux importations de riz. Le ministre Gabriel Mbairobe a inauguré le 2 juillet 2026 de nouveaux équipements à l'Upper Noun Valley Development Authority (UNVDA), dans le Nord-Ouest, en présence du président du Conseil régional Pr Fru Angwafo III. Cet investissement de plus de 4 milliards FCFA vise à transformer le bassin rizicole de Ndop en moteur de production locale.
L'objectif affiché paraît audacieux : passer de 21 000 à 100 000 tonnes annuelles, soit une multiplication par cinq en quelques années. Les nouvelles installations promettent une capacité de traitement de 20 tonnes de paddy par heure, mettant fin à des années de limitation technologique. Cependant, moderniser l'usine ne suffit pas : il faudra aussi étendre les surfaces cultivées, sécuriser l'accès aux intrants et organiser efficacement les producteurs.
Dans un contexte où le riz représente 268,7 milliards FCFA de facture d'importation annuelle (5,1 % des dépenses totales), l'enjeu économique est majeur. Mais plusieurs défis subsistent : augmenter les rendements agricoles, garantir des prix acceptables pour les paysans, assurer la qualité du riz camerounais face à la concurrence asiatique, et surtout, gérer les risques sécuritaires liés à la crise anglophone qui perdure depuis 2017 dans la région.
Ce qu’il faut retenir
- Ndop vise à porter sa production de 21 000 à 100 000 tonnes annuelles grâce aux nouveaux équipements installés.
- La modernisation industrielle seule ne suffira pas : il faut aussi augmenter les surfaces irrigées, l'accès aux intrants et l'organisation paysanne.
- Le riz camerounais doit concurrencer les importations asiatiques par sa qualité, sa disponibilité et son prix pour réussir.
- La sécurité reste un facteur critique dans le Nord-Ouest, affectant la chaîne complète de production et de distribution.
Source : Investir au Cameroun