Le Sénat camerounais s'est saisi du dossier épineux de la collaboration entre acteurs de la décentralisation. Vendredi dernier, sous la présidence de S. M Aboubakary Abdoulaye, chef de Chambre, une rencontre a rassemblé des représentants des communes, communautés urbaines et régions pour examiner les dysfonctionnements qui paralysent parfois leur action conjointe.
Le cadre législatif existe et paraît satisfaisant aux yeux des protagonistes. La loi du 24 décembre 2019 portant Code général des collectivités territoriales décentralisées (CTD) pose les fondations juridiques nécessaires. Mais l'écart entre le texte et le terrain demeure considérable. Roger Mbassa Ndine, président de l'Association des maires de ville du Cameroun, l'a souligné avec netteté : le véritable enjeu réside dans l'application effective de ces dispositifs.
Les conflits de compétences et l'absence de concertation systématique entre niveaux de gouvernance locale constituent les principaux obstacles à une action harmonieuse. Chaque entité opère souvent en vase clos, sans réelle coordination. Oumarou Ousmanou, président du Conseil régional du Nord, intervenant au nom de l'Association des régions du Cameroun, a dénoncé ce manque chronique de coopération dans la conception et la mise en œuvre des projets territoriaux. Albert Anicet Akoa, maire de Ngoulemakong, a confirmé ce diagnostic depuis la perspective municipale.
Ce qu’il faut retenir
- Le cadre juridique des CTD existe depuis fin 2019, mais son application reste inégale et fragmentée sur le terrain.
- Les régions, communautés urbaines et communes agissent souvent de manière isolée, privant les populations d'une gouvernance locale cohérente.
- Le Sénat entend mobiliser les acteurs pour renforcer la concertation et clarifier le partage des responsabilités entre niveaux de collectivités.
Source : Cameroon Tribune