La France s'engage massivement dans le secteur cotonnier tchadien en débloquant 17,5 millions d'euros (11,5 milliards de FCFA) via l'Agence Française de Développement. Cet apport financier marque le retour significatif de Paris dans une filière historiquement structurante pour l'Afrique centrale, notamment dans les régions du Mayo-Kebbi Ouest et du Moyen-Chari.
Au-delà des chiffres, ce soutien répond à une réalité rurale souvent méconnue : pour des milliers d'exploitants agricoles, le coton n'est pas une monoculture, mais une « culture socle » aux côtés de l'arachide, du sésame ou du niébé. Cette diversification crée un système d'amortissement face aux crises climatiques et économiques qui frappent régulièrement l'Afrique centrale.
L'initiative pivote sur deux piliers concrets. D'abord, le projet DEBACO entend renforcer l'outil industriel incarné par Coton Tchad et professionnaliser les producteurs via l'ANADER et l'ITRAD. Ensuite, le Fonds de soutien au secteur coton (FSSCT), alimenté pour la première fois depuis 2020, stabilisera les revenus face à la volatilité des cours mondiaux—un mécanisme éprouvé dans d'autres pays producteurs.
Plus innovant encore : ce fonds organise une gouvernance partagée réunissant l'État, l'industrie et les producteurs eux-mêmes. Cette architecture tripartite crée un espace permanent de dialogue, essentiel pour piloter une politique agricole cohérente avec les orientations nationales.
Ce qu’il faut retenir
- Investissement français de 17,5 millions d'euros (11,5 milliards FCFA) dans la filière coton tchadienne via l'AFD.
- Fonds de stabilisation FSSCT créé en 2020, désormais abondé, pour amortir la volatilité des cours internationaux.
- Gouvernance tripartite associant État, secteur industriel (Coton Tchad) et producteurs organisés (UNPCT).
- Projet DEBACO visant à renforcer la résilience territoriale et professionnaliser les agroéleveurs du bassin cotonnier.
Source : Tchad Infos