La Banque africaine de développement tire la sonnette d'alarme : le Congo perd une part substantielle de ses revenus à travers un système d'allègements fiscaux devenu incontrôlable. Ces exemptions, qui représentent l'équivalent de 15 % de la richesse nationale annuelle, drainent les ressources publiques au moment où le pays peine à financer son développement.
Selon l'analyse de l'institution panafricaine, le pays souffre d'une efficacité fiscale gravement compromise, avec un score de 0,36 seulement. Conséquence : le Congo laisse échapper jusqu'à cinq points de pourcentage de recettes potentielles. Ces pertes proviennent principalement des exemptions consenties aux entreprises — notamment dans les secteurs pétrolier et agricole — souvent sans retour économique mesurable. Un audit complet s'impose, estime la BAD, qui recommande la suppression pure et simple des avantages accordés par les conventions d'établissement.
Le paradoxe apparaît clairement dans les chiffres récents : en 2025, les exonérations ont crû de 10,2 %, quand les recettes collectées n'ont augmenté que de 8,4 %. Le gouvernement congolais a même accordé en juillet des réductions allant jusqu'à 100 % à vingt-trois grandes sociétés. Face à cette hémorragie budgétaire, la BAD appelle à des réformes structurelles urgentes pour restaurer la capacité du Congo à autofinancer ses investissements dans le cadre de son Plan national de développement.
Ce qu’il faut retenir
- Les allègements fiscaux absorbent 15 % du PIB congolais, selon la Banque africaine de développement.
- L'efficacité fiscale du Congo ne s'élève qu'à 0,36, creusant un fossé de 67 % avec son potentiel réel.
- En 2025, les exonérations ont bondi de 10,2 % tandis que les recettes n'ont progressé que de 8,4 %.
- La BAD préconise l'suppression des avantages fiscaux consentis par les conventions d'établissement.
Source : EcoMatin