Une crise majeure secoue l'administration municipale au Congo-Brazzaville. Les collectivités locales accumulent des arriérés massifs, avec un montant équivalant à plus de deux cents cinquante mois de salaires non versés à leurs personnels. La commune de Mossendjo connaît la situation la plus critique, ses agents attendant depuis six années complètes une rémunération régulière.
Ces retards considérables concernent des milliers de fonctionnaires qui, au quotidien, gèrent les tâches fondamentales des mairies : enregistrement à l'état civil, maintenance des infrastructures publiques, gestion des déchets et services de proximité. Beaucoup d'entre eux sont chefs de ménage et doivent subvenir aux besoins de leurs dépendants sans percevoir de revenus stables depuis des années.
Au-delà des chiffres, cette paralysie financière pose un enjeu de justice sociale crucial. Des femmes et des hommes consacrent leur énergie à des missions essentielles tout en étant privés de la reconnaissance financière élémentaire. Cette situation révèle aussi des défaillances structurelles : l'absence de ressources pérennes pour les mairies empêche un fonctionnement normal et durable des services de base dans les territoires.
Le problème exige une intervention rapide et durable : rembourser les arriérés accumulés et mettre en place un système garantissant des versements réguliers, sans lequel les communes congolaises continueront de perdre leurs ressources humaines et leur efficacité.
Ce qu’il faut retenir
- Plus de 250 mois de salaires cumulés restent impayés dans l'ensemble des mairies congolaises, Mossendjo affectée par 72 mois d'arriérés.
- Les agents municipaux continuent d'assurer services essentiels malgré l'absence de revenus réguliers depuis plusieurs années.
- La crise soulève des enjeux de dignité et de justice sociale envers les personnels des collectivités locales.
- Un financement pérenne des mairies est indispensable pour rétablir un paiement régulier et durable des salaires.
Source : Les Echos du Congo