Depuis décembre, Yaoundé attend. Le président Biya avait promis un gouvernement « dans les prochains jours » lors de son allocution de fin d'année. Six mois plus tard, le silence administratif persiste, tandis que le Bénin de Romuald Wadagni a constitué son équipe en 24 heures.
Le contraste est saisissant. À Cotonou, le nouveau président a prêté serment, désigné ses 24 ministres et convoqué le conseil des ministres le même jour. À Yaoundé, l'immobilisme s'installe. Les rumeurs circulent — les listes seraient prêtes, le décret rédigé — mais rien n'avance. Pendant ce temps, l'administration camerounaise se paralyse, les dossiers urgents s'accumulent, et les ministres sortants gèrent leur image plutôt que les affaires publiques.
Cette paralysie révèle un dysfonctionnement profond. Le Cameroun n'a pas réuni son conseil des ministres depuis plus de six ans, une institution pourtant centrale du régime présidentiel. Chaque promesse présidentielle non tenue érode la crédibilité de l'État auprès des citoyens. Pour la région CEMAC, où la gouvernance reste un enjeu stratégique, ce blocage camerounais interroge : comment un pays disposant de ressources humaines et institutionnelles substantielles peut-il rester bloqué si longtemps ?
Ce qu’il faut retenir
- Six mois d'attente : le gouvernement camerounais n'est toujours pas formé malgré la promesse présidentielle de décembre 2025.
- Contraste avec le Bénin : Romuald Wadagni a nommé 24 ministres et réuni le conseil le jour de son investiture.
- Conseil des ministres absent : le Cameroun n'a pas convoqué cette instance depuis plus de six années.
- Paralysie administrative : fonctionnaires et ministres sortants gèrent la transition en mode survie plutôt que d'impulser une action.
Source : Camer.be