Le ministère des Enseignements secondaires a signifié la fermeture administrative de 205 écoles secondaires privées qui opéraient sans agrément légal. Cette décision majeure, prise le 13 juillet 2026 par la ministre Pauline Nalova Lyonga via trois arrêtés distincts, intervient à quelques semaines de la prochaine rentrée scolaire et plonge des milliers de familles camerounaises dans l'incertitude.
Les établissements visés contrevenaient aux dispositions des lois d'orientation de l'éducation de 2004 et 2008, fonctionnant sans documents de création ou d'autorisation d'ouverture. Le Littoral concentre la majorité des fermetures avec 52 écoles, suivi du Centre avec 13 établissements. Les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, déjà fragilisées par une crise sécuritaire persistante depuis 2016, comptent respectivement 5 et 11 fermetures.
Cette opération d'assainissement ne fait pas l'unanimité. Elle suscite des interrogations sur son calendrier, ses impacts concrets sur les scolarités en cours, et une question politique sensible : pourquoi Etoke High School, établissement appartenant à un ancien député du parti au pouvoir, figure-t-elle parmi les fermées ? Pour la ministre, c'est un acte de fermeté légale sans compromis. Pour les critiques, c'est une mesure désordonnée qui fragilise davantage un système éducatif camerounais déjà fragile.
Ce qu’il faut retenir
- 205 écoles sans autorisation légale définitivement fermées avant la rentrée, affectant des milliers d'élèves et leurs familles.
- Étoke High School, propriété d'un ancien parlementaire du RDPC, figure sur la liste : geste politique fort ou application stricte de la loi ?
- Régions anglophones particulièrement touchées : 16 fermetures aggravant une situation éducative déjà dégradée par la crise.
- Troisième opération similaire en sept ans ; le secteur privé fragile attend un plan d'accompagnement qui ne semble pas venir.
Source : Camer.be