Une initiative en faveur de la souveraineté linguistique a été présentée le mardi 21 avril 2026 au Lycée scientifique de Ouagadougou. Le professeur certifié Waoudem Ouédraogo y a dévoilé deux innovations majeures à savoir un nouveau système d’écriture et une numération conçus pour les langues africaines.
Baptisé « Écriture unifiée des langues africaines », ce nouvel alphabet se compose de 54 lettres, en référence aux 54 pays du continent africain. Selon son concepteur, il s’agit d’une alternative mieux adaptée à la transcription des langues nationales, notamment celles à tonalité complexe.
Waoudem Ouédraogo explique avoir consacré plus de 25 années de recherche à la mise au point de ces systèmes. L’inspiration repose sur l’utilisation de 24 bâtonnets, combinés pour créer les chiffres puis les lettres de cet alphabet original. « Aujourd’hui, pour que l’Afrique se développe, l’écriture ne doit pas être un luxe, mais une nécessité. Il faut un système simple qui démocratise le savoir », a-t-il déclaré.
Selon son auteur, l’écriture proposée combine trois dimensions à savoir alphabétique, syllabique, graphique. L’objectif est de mieux retranscrire les langues africaines, souvent mal représentées par l’alphabet latin. « Si on utilise le latin, la transcription reste approximative et parfois non fidèle », soutient-il.
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En parallèle, Waoudem Ouédraogo a également présenté un système de numération appelé « chiffres africains », conçu pour compter de zéro à l’infini. Il affirme que ces chiffres peuvent aussi prendre une forme négative simplement en étant inversés.
Leur principal avantage résiderait dans leur simplicité graphique à savoir des traits horizontaux et verticaux suffisent pour les tracer.
Lors de la présentation, plusieurs élèves du Lycée scientifique de Ouagadougou ont rapidement réussi à écrire des chiffres ainsi que leurs noms à l’aide du nouveau système. « J’ai été émerveillée, car ce travail prend en compte toutes les communautés africaines et reste accessible à tous », a témoigné Priscilla Ariella Yougbaré, élève en classe de Terminale C.

Pour Adama Ouédraogo, professeur certifié des lycées et collèges du même établissement, cette invention mérite d’être soutenue, dans la mesure où elle propose une écriture unifiée susceptible d’être utilisée par l’ensemble des langues africaines.
Selon lui, cela constituerait un atout majeur pour une meilleure compréhension des réalités du continent. « La base est déjà établie, il ne reste plus qu’aux chercheurs de se l’approprier et de travailler à consolider un système encore plus efficace », a-t-il plaidé.

Waoudem Ouédraogo a fait savoir que cette invention pourrait constituer une base de réflexion pour une écriture commune au Burkina Faso et, à terme, à l’ensemble du continent africain. Il appelle désormais les autorités et les chercheurs à accompagner le projet afin d’en approfondir le développement et l’expérimentation.
Daouda ZONGO
Pour Burkina 24

