Le Burkina Faso s'impose comme la locomotive de l'Autorité du Bassin du Niger (ABN) dans la mise en œuvre d'un vaste programme de résilience face aux changements climatiques. Depuis son lancement en 2019, le Programme Intégré de Développement et d'Adaptation au Changement Climatique a permis la réalisation de plus de 350 initiatives communautaires et la restauration de 1 500 hectares forestiers, malgré un contexte sécuritaire dégradé et des obstacles financiers initiaux.
Thiao Oumar Dicko, coordonnateur national du projet, souligne que ce bilan témoigne d'une volonté gouvernementale forte face aux défis multiples. Trois réservoirs de 25 000 m³ chacun, trois postes d'eau autonomes et sept forages de grand débit représentent les principales infrastructures hydrauliques destinées aux agropasteurs. Ces réalisations placent le Burkina en tête des neuf pays membres de l'ABN, avec un taux d'exécution de 55 % malgré des débuts laborieux, notamment l'intervention tardive du Fonds Vert pour le Climat.
Au-delà des chiffres, le projet mise sur la durabilité. Des cahiers de charges communaux, des formations en gestion financière et une cartographie systématique des sites visent à éviter les « projets sans suite ». Le gouvernement a également dépassé ses engagements financiers initiaux, tandis que les autorités ont reconnu le programme comme modèle d'accès à l'eau pour les populations les plus isolées. Pour les lecteurs de la CEMAC, cette expérience représente une approche possible pour concilier adaptation climatique et stabilité sociopolitique en zone sahélo-soudanienne.
Ce qu’il faut retenir
- Plus de 350 sous-projets communautaires lancés et 1 500 hectares de forêt restaurés depuis 2019, plaçant le Burkina premier au sein de l'ABN.
- Trois réservoirs d'eau de 25 000 m³ et sept forages hydrauliques réalisés pour soutenir les agropasteurs face à la sécheresse régionale.
- Mécanismes de pérennité : formation des communautés, cartographie des sites et cahiers de charges municipaux pour éviter l'abandon post-projet.
- Défi de l'exécution : 55 % du programme réalisé malgré les contraintes sécuritaires et le retard du financement climatique international.
Source : Burkina 24