Le 29 mai 2026, Abdoulaye Wade, troisième chef d'État du Sénégal indépendant, franchit le cap du siècle. Une trajectoire remarquable qui résume, à elle seule, les transformations politiques de l'Afrique de l'Ouest depuis l'époque coloniale.
Formé aux universités de Besançon et de la Sorbonne, où il obtient deux doctorats en droit et économie, cet avocat et économiste incarne la génération des intellectuels africains qui ont basculé de l'enseignement à la vie politique. Pendant près de trente ans, en tant que leader du Parti Démocratique Sénégalais (PDS), il porte la parole de l'opposition face au régime en place, incarnant le souhait de renouveau : son cri de ralliement « Sopi » (le changement) galvanise des millions de Sénégalais.
Élu en 2000 au deuxième tour contre Abdou Diouf, Wade réalise l'une des rares alternances démocratiques pacifiques du continent. Son arrivée au pouvoir s'accompagne de projets d'envergure : infrastructures routières, aéroport international Blaise Diagne, modernisation des régions reculées. Réélu en 2007, son deuxième mandat se ternit : mégaprojets coûteux, accusations de népotisme envers son fils Karim, et une candidature litigieuse à un troisième terme en 2012 qui le verra battu par Macky Sall.
Dans les corridors du pouvoir depuis six décennies, Wade reste une figure contrastée : visionnaire pour les uns, père d'une alternance fragile ; autoritaire pour d'autres, dont l'héritage reste diviseur.
Ce qu’il faut retenir
- Né en 1926, Wade célèbre son centième anniversaire comme figure majeure de la démocratie sénégalaise moderne.
- Double docteur formé en France, il fonde le PDS en 1974 et mène trois décennies de lutte opposionnelle avant son élection.
- Président de 2000 à 2012, il réalise grands travaux et alternance pacifique, mais son crépuscule politique reste controversé.
- Marié depuis 1963 à Viviane Vert, père de Karim et Sindjely, il continue d'influencer la politique sénégalaise depuis le siècle dernier.
Source : Tchad Infos