D'une ampleur sans précédent, des poursuites pour trahison visent des figures majeures de l'opposition politique à travers le continent africain. En Zambie, en Tanzanie, en Ouganda et au Soudan du Sud, des chefs de partis, des ministres, des hommes d'affaires et même des religieux comparaissent devant les tribunaux. Les gouvernants dénoncent des menaces existentielles : coups d'État présumés, tentatives d'insurrection armée, acquisition illégale d'armes. Mais pour les organisations de défense des droits humains et les milieux oppositionnels, ces poursuites constituent une instrumentalisation de la justice contre les rivaux politiques.
La Zambie incarne cette tendance préoccupante. Après l'élection présidentielle du 13 août, où Hakainde Hichilema a remporté 60% des voix contre 38% pour Brian Mundubile, ce dernier a remis en question la régularité du scrutin. Empêché de saisir les tribunaux avant la deadline, il s'est retrouvé poursuivi pour trahison. Dix-huit personnes au total ont été inculpées, parmi lesquelles l'avocate Makebi Zulu, son ancienne colistière, l'évêque anglican Trevor Mwamba et plusieurs hommes d'affaires de renom.
En Tanzanie, Tundu Lissu, chef de la principale formation d'opposition, a été arrêté après un meeting politique en avril 2025 sur la base de déclarations critiques envers le processus électoral. Le tribunal a estimé en août que les poursuites tenaient la route. En Ouganda, Kizza Besigye, candidat malheureux à quatre reprises, fait face à des accusations d'avoir comploté le renversement du régime. Son état de santé s'est dégradé en détention. Quant à Riek Machar, ancien vice-président sud-soudanais, il est accusé de trahison, meurtre et crimes contre l'humanité suite à des affrontements armés en mars 2025.
Ce qu’il faut retenir
- Zambie : 18 inculpés pour trahison incluant le chef de l'opposition Mundubile, sa colistière avocat et un évêque anglican
- Tanzanie : Tundu Lissu poursuivi pour ses critiques du système électoral lors de meetings politiques en 2025
- Ouganda et Soudan du Sud : autres opposants majeurs face à des accusations de complot contre les gouvernements respectifs
Source : The Africa Report