Le procès du chef rebelle Abdoulaye Miskine entre dans sa phase décisive. Après deux jours d'interruption, les débats reprennent ce vendredi 4 septembre devant la cour criminelle de N'Djamena, au Tchad, avec les interventions du parquet et des parties engagées. L'homme, arrêté en novembre 2019 dans le sud-est du Tchad, est poursuivi pour insurrection armée, viols, meurtres et tortures commis entre 2001 et 2002.
Les enjeux judiciaires demeurent considérables. La défense soutient que Miskine commandait alors une unité de sécurité légitime aux ordres du président Ange-Félix Patassé, mobilisée contre la rébellion de François Bozizé. À l'inverse, l'accusation l'impute comme fondateur du Front démocratique pour le peuple centrafricain et responsable de crimes graves. Cette divergence d'interprétation sur le statut réel de l'accusé durant cette période trouble des années 2000 structure toute la controverse.
Un élément nouveau pourrait peser sur les délibérations : des réfugiés centrafricains installés au camp de Maro au Tchad sollicitent le droit de témoigner. Originaires de la région de Kabo, ils attestent d'exactions commises par les effectifs sous les ordres de Miskine. Depuis son interpellation, l'intéressé reste détenu à N'Djamena, tandis que Bangui réclame sans succès son extradition vers la Centrafrique.
Ce qu’il faut retenir
- Reprises vendredi : réquisitoires du ministère public et plaidoiries finales des avocats.
- Le statut de Miskine en 2001-2002 cristallise le débat : chef rebelle ou commandant de sécurité d'État ?
- Témoins réfugiés de Kabo demandent à comparaître pour documenter les atrocités alléguées.
Source : Radio Ndeke Luka