Condamné dans l'affaire Albatros il y a plus de dix ans, Marafa Hamidou Yaya, autrefois secrétaire général de la présidence et pressenti comme successeur de Paul Biya, croupit toujours en prison. Pendant ce temps, son complice dans le même dossier, Yves Michel Fotso, bénéficie d'une liberté conditionnelle en France. Un décalage de traitement qui soulève de vives interrogations sur l'équité de la justice camerounaise et l'état de santé préoccupant de l'ancien dignitaire.
L'ancien haut fonctionnaire, aujourd'hui âgé, lutte contre un glaucome sévère qui menace sa vue, risquant la cécité totale. Ses demandes d'évacuation sanitaire à l'étranger pour une opération urgente sont restées sans réponse présidentielle, contrastant fortement avec la situation de Fotso, qui a pu se soigner hors du territoire national. Cette situation, qualifiée de « punition digne du Moyen Âge » par une ancienne ambassadrice américaine, alimente les critiques sur une potentielle dimension politique de sa détention prolongée.
Son parcours, de la SNH à la plus haute sphère du pouvoir, puis sa chute spectaculaire, témoignent d'une ambition qui aurait dérangé. Des confidences faites à une ambassade américaine, révélées par WikiLeaks, auraient scellé son destin. Ses écrits depuis sa cellule suggèrent que sa condamnation et son maintien en détention sont davantage liés à des divergences politiques profondes qu'à l'affaire Albatros elle-même.
Ce qu’il faut retenir
- Marafa Hamidou Yaya, ancien secrétaire général de la présidence, est détenu depuis 14 ans dans l'affaire Albatros.
- Son sort contraste avec celui d'Yves Michel Fotso, condamné pour les mêmes faits et vivant en France.
- L'état de santé de Marafa Yaya se dégrade, menaçant sa vue, sans accès aux soins spécialisés à l'étranger.
- Des écrits suggèrent que sa détention prolongée aurait des motivations politiques profondes.
Source : Camer.be